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Ce qu’il faut retenir du One Planet Summit Biodiversité 2021

Organisée à Paris ce lundi 11 janvier, la 4ème édition du One Planet Summit a remis au goût du jour l’importance d’allier préservation de la biodiversité et lutte contre le réchauffement climatique. Cette journée a été vectrice de nouvelles coalitions de la part des pouvoirs publics mais également d’acteurs privés.

Les engagements se sont articulés autour de 4 priorités et thèmes d’action concrète :

  1. Protéger les espaces terrestres et maritimes pour mettre la nature sur la voie de la régénération (objectif « 30×30 »)

Elargissement de la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples – lancée il y a un an

  • Co-présidée par le Costa Rica et la France, et par le Royaume-Uni en tant que co-président pour l’Océan
  • La coalition vise à créer les conditions permettant l’adoption d’une cible ambitieuse de protection de la nature par la Convention sur la diversité biologique (CBD) lors de la COP15 : les 50 Etats qui ont rejoint la Coalition s’engagent à protéger et à conserver efficacement 30% de la planète (terres et océans) d’ici 2030 (objectif « 30×30 »)
    La France s’est engagée à atteindre cet objectif dès 2022 via sa Stratégie pour les aires protégées (la loi de finances 2021 a prévu une augmentation de 10 M€ en faveur des aires protégées sur le budget de l’État)
  • Création d’un groupe de travail avec les groupes et les ONG qui représentent les populations autochtones afin de déterminer des indicateurs pour la cible de 30 % qui offre des garanties aux représentants des populations autochtones et des communautés locales

Lancement par l’Espagne, la France et la principauté de Monaco de la coalition pour une « mer Méditerranée exemplaire en 2030 » – 4 axes :

  • Elargissement des espaces protégés
  • Pêche durable
  • Lutte contre la pollution marine
  • Durabilité du transport maritime

2. Promouvoir l’agroécologie 

Renforcement de l’initiative de la Grande Muraille Verte (projet lancé en 2007 pour prévenir l’avancée du désert dans le Sahel) :

  • Mise en place de « l’Accélérateur de la Grande muraille verte » pour catalyser les efforts financiers de l’ensemble des bailleurs : mobiliser 14,3 milliards de dollars (11,8 millions d’euros) d’ici 2025
  • Initiative eurafricaine « IAM Africa » (International Agroecological Movement for Africa) réunissant plus de 100 acteurs publics et privés qui s’engagent, d’ici 2030, à :
    — Restaurer de 100 millions d’hectares de terres au Sahel
    — Créer de 10 millions d’emplois
    — Capturer 250 Mt de CO2 d’ici 2030
  • Premiers contributeurs : GCF, la Banque Mondiale, IFC, IFAD, GEF, EIB, AFD, FAO, UNCCD, EU Commission

La France a annoncé le lancement d’un programme de plantation de 7 000km de haies agricoles d’ici 2022 (50 millions d’euros alloués dans le cadre de son plan de relance).

3. Mobiliser des financements pour la biodiversité

Dans le cadre de sa Sustainable Markets Initiative, le Prince Charles a appelé les entreprises à signer la charte « Terra Carta », constituant les bases d’un plan de relance à l’horizon 2030 qui place la nature, l’homme et la planète au cœur de la création de valeur mondiale.

  • L’une des actions prévues par la Charte a été initiée lors de l’OPS : la création de la Natural Capital Investment Alliance (Alliance pour l’investissement dans le capital naturel).
    — Objectif : accélérer le développement du capital naturel en tant que thème d’investissement, en mobilisant 10 Md$ sur l’ensemble des classes d’actifs d’ici 2022
    — Partenaires fondateurs : HSBC Pollination Climate Asset Management, Lombard Odier et Mirova

L’OPS a permis de poser les bases d’une coalition pour la convergence des financements en faveur du climat et de la biodiversité qui vise à construire davantage de synergies entre action climatique et préservation de la biosphère (principe soutenu par le Canada, la France, la Norvège et le Royaume-Uni).

La France a indiqué qu’au moins 30% de ses financements en faveur du climat intègrerait, à l’horizon 2030, des co-bénéfices pour la biodiversité (solutions fondées sur la nature).

  • Engagement de l’AFD à atteindre cette cible dès 2025, avec l’objectif d’atteindre 1 milliard d’euros (soit le double des financements alloués aujourd’hui)

L ’OPS a été l’occasion d’apporter une impulsion politique, notamment par le Canada, la France et le Royaume-Uni, à la Taskforce on Nature-related Financial Disclosure (TNFD). Cette initiative, portée par des acteurs publics et privés, élaborera un cadre de mesure des risques, impacts et bénéfices des activités économiques en matière de biodiversité – à l’image de la TCFD sur le climat.

Le gouvernement canadien a annoncé qu’il contribuera jusqu’à 55 millions de dollars canadiens au fonds « Land Degradation Neutrality » de Mirova. La France a annoncé qu’elle rejoindrait également l’initiative.

La Caisse des Dépôts a annoncé l’adoption de son plan d’action en faveur de la préservation de la biodiversité. Celui-ci prévoit en particulier d’interroger les entreprises dont la Caisse est actionnaire sur leur stratégie de préservation de la biodiversité, et de mobiliser 3 Md€ sur la période 2020-2024, via la Banque des Territoires, en faveur de projets dédiés.

Boris Johnson a annoncé que le Royaume-Uni allait consacrer 3 milliards de livres sur 5 ans à la protection de la biodiversité.

4. Protéger les forêts tropicales, les espèces et la santé humaine

Pascal Canfin (Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire au Parlement européen) a annoncé que la Commission européenne présentera, en juin 2021, la première loi européenne pour lutter contre la déforestation importée.

Lancement du programme PREZODE (Prevention of the emergence of zoonotic diseases) dédié à la prévention de nouvelles pandémies issues de réservoirs animaux autour de l’approche One Health (une seule santé pour la biodiversité́, les animaux et les hommes)